|
Journée professionnelle du
8 octobre 2005
Compte-rendu de la journée professionnelle, le samedi 8 octobre
2005 à Collobrières
Les intervenants :
Madame Christine AMRANE, maire de Collobrières
Madame Béatrice LADRANGE, ingénieur du SIME Service
Interdépartemental de la Montagne
et de l’Elevage des chambres d’agriculture du Languedoc
Roussillon, Alès (Gard)
Madame Céline VIDAL, service régional de la Protection
des Végétaux, antenne de Hyères
Monsieur Henri BREISCH, ingénieur au CTIFL de Lanxade
(Dordogne)
Monsieur Eric ALTERO, agence d’urbanisme de l’aire
toulonnaise
Introduction :
Cette première journée professionnelle de la
châtaigneraie a débuté par le discours
d’ouverture de Madame le maire de Collobrières,
Christine AMRANE qui a remercié les
différents partenaires et financeurs : le Conseil
Général du Var, le Conseil Régional PACA ainsi
que le Crédit Agricole. . Elle avait pour objet de
présenter le projet de réhabilitation de la
châtaigneraie du massif des Maures qui débutera par une
zone pilote : la commune de
Collobrières. Madame le maire a évoqué les tiraillements
connus par la famille des
castanéiculteurs ces dernières années et le nouveau
départ du Syndicat des Producteurs de
Châtaigne d’Ardèche qui sera maître d’ouvrage du projet
de réhabilitation. Les propriétaires de
châtaigneraies qui ne sont pas des professionnels
castanéicoles auront un représentant au sein du
bureau. Madame le maire a également tenu à
remercier Chantal SCHMID présidente de
l’Association castanéicole Collobrières pour sa
participation à cette journée ainsi que l’agence
d’urbanisme toulonnaise qui a réalisé l’étude sur le
projet de réhabilitation des châtaigneraies du
Massif des Maures. En premier lieu, la zone choisie
comme pilote est la commune de
Collobrières. A ce titre elle financera l’embauche de
l’animateur à hauteur de 20%. Pour la
réalisation d’un véritable projet cohérent de territoire
l’ensemble des communes castanéicoles
devra être associé rapidement, à savoir les communes de
Gonfaron, Pignans, les Mayons et la
Garde Freinet.
Nadine ALLIONE a ensuite rappelé que le Groupement pour
le Développement de la
châtaigneraie du Var, créé en 1986, dans le but de
relancer une castanéiculture oubliée avait
connu des faiblesses dans son fonctionnement. Fort de
cette expérience, l’ensemble des
propriétaires et castanéiculteurs ne doit plus
reproduire les mêmes erreurs que par le passé et
travailler ensemble pour faire de la châtaigneraie un
vrai projet de territoire. Il s’agit de travailler à
l’échelle d’un massif plutôt que d’une commune de façon
à respecter l’entité géographique. La
réussite de ce projet dépend de l’implication de tous.
Nadine ALLIONE a ensuite introduit les différents
intervenants de la matinée et présenté
les thèmes de leur intervention.
1/ Le cynips du châtaignier :
a) Intervention
d’Henri BREISCH, ingénieur au CTIFL :
La présence du cynips du châtaignier en Europe a été
constatée pour la première fois dans
la Province de Cuneo (Piémont italien) au cours de
l’année 2002. Dryocosmus kuriphilus
Yatsumatsu, hyménoptère cynipidé originaire de Chine,
est considéré comme un insecte très
dangereux, c’est l’un des ravageurs du châtaignier le
plus important au niveau mondial. Cet
insecte provoque la formation de galles à partir des
bourgeons du châtaignier, réduisant le
développement végétatif de l’arbre et causant une
réduction drastique de la fructification.
Dryocosmus kuriphilus est monophage c’est-à-dire
strictement inféodé au châtaignier et se reproduit
par parthénogenèse thélytoque (uniquement des femelles).
Dans le passé D. kuriphylus a été introduit
accidentellement au Japon (1941), en Corée
(1963) et aux Etats Unis (1974), provoquant des ravages
importants à la castanéiculture locale. La
plupart des vieux châtaigniers au Japon ont été tués, la
production japonaise n’a survécue que
grâce à des plantations massives, les variétés
traditionnelles ont disparu. La première vague de
création variétale qui était initialement résistante est
devenue sensible.
Dans ces pays il a été enregistré des chutes de la
production de 70 à 80 % allant jusqu’à la mort
de l’arbre.
L’arrivée au Piémont de cet insecte, intervenue
probablement avec l’importation de
matériel végétal infesté, représente une sérieuse menace
pour la castanéiculture européenne. En
effet D. kuriphilus attaque tous les châtaigniers
européens et les hybrides eurojaponais. Sa
diffusion progressive à d’autres zones castanéicoles par
le vol des femelles est facilitée par la
présence continue du châtaignier dans la forêt de
taillis de la zone de piémont. Mais le principal
risque provient de la circulation du matériel végétal.
Dans la région infestée de Cuneo, il y a
des pépinières spécialisées qui continuent à vendre
leurs plants de châtaignier dans diverses
régions européennes.
Les possibilités de lutte sont limitées. Au printemps,
avant l’envol des femelles à partir des
galles, la taille des tiges contaminées suivie
immédiatement de leur destruction peut ralentir le
développement de l’infestation, mais cela n’est possible
que sur des arbres de dimension réduite
et au début de l’attaque. Les traitements insecticides
s’avères peu efficaces, et comportent des
risques notamment pour l’environnement. Au Japon, des
essais ont été faits avec des
organophosphorés qui n’ont pas donné de résultats
suffisants. De nouveaux insecticides
systémiques, des néonicotinides ont également été
envisagés mais présentent des dangers pour
l’environnement. Il faut intervenir soit au moment du
débourrement afin d’empêcher l’extension,
soit en post-récolte pour stopper l’infestation.
.
Des
résultats intéressants ont été obtenus avec
une couverture optimale de la végétation avec un produit
à base de kaolin, il permet de limiter la
formation de galles le printemps suivant, les
traitements doivent être répétés à cadence
hebdomadaire pendant l’émergence des cynipidés.
Au Japon de bons résultats ont été obtenus avec la lutte
biologique au moyen de
l’introduction depuis la Chine d’un parasitoïde
spécifique, l’hyménoptère calcidien Torymus sinensis
Kamijo. Au printemps la femelle Torymus sinensis pond
ses oeufs dans la galle à proximité des
larves du cynips qui seront parasitées. Les chercheurs
Italiens importent chaque année, depuis
2003 des galles parasitées par Torymus sinensis qui
proviennent de la station d’Ibaraki au Japon.
En 2005 les galles en provenance du Japon ont été
placées dans des petites boites plastiques au
frigo. Cette méthode de conservation a permis de
synchroniser l’éclosion des Torymus sinensis avec
la formation des galles du Cynips. Les premiers lâchés
du parasitoïde en plein champ ont eu lieu
en mai 2005 sur 3 sites différents aux alentours de
BOVES.
La sensibilité des variétés est également étudiée afin
de trouver les gènes de résistance et
de créer par sélection génétique de nouvelles variétés
résistantes.
Au Japon une première génération de variétés résistantes
avait été mise au point mais cette
résistance a été contournée par l’insecte. Une deuxième
génération présente de meilleurs
résultats : Ishizuchi, Kunimi, Shihou. Aux Etats-Unis on
trouve également quelques variétés
tolérantes comme l’Au-Homestead. Pour le moment en
Italie la variété Bouche de Bétizac résiste,
il ne faut toutefois pas écarter le risque qu’elle
devienne sensible comme ce fut le cas pour les
premières variétés résistantes japonaises.
Béatrice LADRANGE a fait part des dernières nouvelles
apprises lors du séminaire
européen sur l’évolution de la lutte contre le Cynips
qui s’est tenu la veille à Cuneo en Italie. Des
cas de Cynips du châtaigniers ont été découverts dans
d’autres provinces italiennes, notamment
en Ombrie, en Toscane, dans le Latium, en Campanie, dans
la région de Marche ainsi qu’en
Slovénie avec 4 foyers déclarés. Il s’agit de
contamination par l’importation dans ces régions de
matériel végétal infesté. Il a donc été rappelé aux
participants de cette journée de ne ramener sous
aucun prétexte de plants de châtaigniers, greffons ou
scions d’Italie.
b) Intervention
de Céline VIDAL, service régional de la Protection des Végétaux :
Céline VIDAL a rappelé quelques aspects réglementaires :
la suppression des contrôles
aux frontières entre les pays de l’Union Européenne a
conduit les Etats membres à harmoniser à
partir de 1993 leur contrôle phytosanitaire à la
production et à la circulation des matériels
végétaux. Une liste d’organismes nuisibles de
quarantaine a été établie par l’Union Européenne,
sur laquelle seuls les organismes considérés comme les
plus dangereux et ceux non encore
disséminés dans toutes les régions ont été retenus. Le
contrôle phytosanitaire ne porte que sur un
nombre limité d’espèces végétales hôtes potentiels de
ces maladies. Le châtaignier fait partie de
ces espèces végétales puisque le Chancre du châtaignier
a été inscrit sur la liste des organismes
nuisibles de quarantaine et que le Cynips du châtaignier
est en voie de l’être. Un passeport
phytosanitaire européen (P.P.E.) accompagne les végétaux
dans leur circulation entre
professionnels, garantissant que le contrôle
phytosanitaire a été effectué. Doivent également
circuler avec PPE ces mêmes végétaux quant ils sont
importés de pays tiers à l’Union
Européenne après leur contrôle phytosanitaire au point
d’entrée. Quel que soit l’organisme ayant
réalisé la visite de l’entreprise, la délivrance des
P.P.E. reste sous l’autorité du Ministère de
l’Agriculture (logo des Services de la Protection des
Végétaux sur l’étiquette).
4
L’expéditeur et le destinataire y compris l’acheteur
final des plants ou des végétaux
doivent chacun conserver pendant un an au moins ces
documents, afin qu’en cas de problème
sanitaire la filière puisse être remontée jusqu’au
producteur initial. En cas d’apparition
d’organisme nuisible, la personne l’ayant détecté doit
immédiatement le signaler au Maire et au
Service régional de la Protection des Végétaux afin que
les mesures de lutte soient prises par le
Ministère de l’Agriculture.
En France, un arrêté réglementant l’importation sur le
territoire national de matériel
végétal châtaignier (greffons, porte-greffes, baguettes
greffons, scions et plants) a été publié
au Journal Officiel du 27 février 2005. L’introduction
de matériel végétal en provenance de
pays tiers de l’union européenne ou de pays contaminé
par le Cynips est interdite, seule
l’introduction de matériel végétal cultivé pendant au
moins un cycle végétatif complet dans un
Etat membre reconnu indemne de l’insecte est autorisée.
Une déclaration d’introduction
auprès des services régionaux de la protection des
végétaux est obligatoire. Celle-ci doit
impérativement mentionner les points suivants : pays
d’origine, coordonnées du déclarant,
coordonnées du détenteur du matériel introduit, adresse
du lieu de stockage où le matériel
peut être contrôlé, numéro d’identification complet du
producteur d’origine, genre, espèce et
quantité du matériel introduit, date prévue d’arrivée du
matériel sur le lieu de stockage.
Par ailleurs, toute nouvelle plantation, quelle que soit
son origine, à des fins agricoles ou
forestières, doit faire l’objet d’une déclaration de
plantation par l’exploitant ou le gestionnaire
auprès du service régional de la protection des végétaux
du lieu de plantation dans un délai
n’excédant pas une semaine. Cette déclaration doit
mentionner les références cadastrales du lieu
de plantation. Elle est obligatoire quel que soit le
nombre d’arbres plantés.
Toute découverte de symptômes de contamination par le
Cynips du châtaignier doit être
déclarée auprès du maire de la commune ou du service
régional de la protection des végétaux.
Cette présentation a toutefois suscitée l’inquiétude des
participants qui craignent que des
plants achetés dans des pays intermédiaires, aux
Pays-Bas par exemple, véritable plaque tournante
de matériel végétal permettent à des plants de
châtaignier italiens d’intégrer le marché français.
2/ Les techniques de remise en valeur de la
châtaigneraie fruitière :
Intervention de Béatrice LADRANGE, ingénieur au SIME
Dans les Cévennes, la châtaigneraie fruitière couvrait
au début du siècle dernier 35 000 ha
(Sud Lozère, Nord Gard et Nord Hérault). Ces vergers
étaient complètement destinés à la
production de fruits. A partir de la seconde guerre
mondiale, la production a fortement déclinée,
notamment en raison du manque d’entretien de la
châtaigneraie comme en témoigne ce vieux
proverbe régional : « Sans Cévenol pas de châtaignier,
sans châtaignier pas de Cévenol ». Béatrice
LADRANGE travaille depuis 1985 dans les Cévennes, elle a
largement participé à la rénovation
de ces châtaigneraies laissées à l’abandon. Les variétés
de châtaignes sont très nombreuses dans
les Cévennes, on en dénombre près de 130. Les parcelles
étaient souvent plantées en variétés
mélangées, la rénovation par greffage a donc permis
d’homogénéiser ces parcelles.
Une châtaigneraie non entretenue se dégrade, des rejets
poussent au pied des
souches, ceux-ci sont toujours plus vigoureux que
l’arbre greffé qui a tendance à s’affaiblir.
L’arbre pousse en hauteur pour chercher de la lumière,
celle-ci est nécessaire pour que le
châtaignier produise. Cependant en développant ainsi son
système aérien, l’arbre perd de la
vigueur (déséquilibre avec le système racinaire), il est
attaqué par des maladies (notamment par le
5
chance de l’écorce), sa production de fruits diminue en
quantité et en calibre. A terme, les anciens
arbres greffés meurent au profit de rejets de souches et
d’autres espèces d’arbres, le milieu se
ferme.
Béatrice LADRANGE a présenté deux techniques principales
pour remettre en état des
châtaigneraies fruitières dégradées : l’élagage sévère
des anciens châtaigniers ou bien la rénovation
par greffage. Le choix d’une méthode plutôt que de
l’autre doit prendre en compte à la fois le
diagnostic de la parcelle ainsi que le projet du
propriétaire.
Le diagnostic de la parcelle :
Son objectif est d’évaluer le potentiel de production de
la parcelle et d’identifier les
contraintes. Pour cela les éléments à observer en
priorité sont l’accès, l’embroussaillement, le
pente ainsi que le nombre d’arbres greffés (critère
déterminant pour l’élagage sévère), les variétés
présentes sur la parcelle, l’état sanitaire des arbres
notamment la présence de chancre et d’encre et
enfin la vigueur des arbres qui se caractérise par la
présence de jeunes branches.
Le projet du propriétaire :
Il s’agit de préciser le ou les objectif(s) recherché(s)
par le propriétaire notamment en
terme de : - production de fruits : pour la vente en
frais ou pour la transformation ;
- entretien de la châtaigneraie pour le paysage, la
lutte contre les incendies, la
conservation d’un patrimoine.
- maintien de l’existant
Le choix de la technique à mettre en oeuvre est issu du
croisement de ces deux éléments.
1- L’élagage sévère des anciens châtaigniers
Son objectif principal est de redonner de la vigueur à
des arbres greffés anciens en voie de
dépérissement. Cette technique peut être utilisée quand
les arbres anciens sont encore
suffisamment vigoureux (branches jeunes) et si la
variété est intéressante. Il s’agit d’une taille
d’hiver (à partir du 15 novembre et jusqu’à début mars
au moment du repos de végétation)
précise et particulière au châtaignier qui doit être
réalisée par des professionnels. Une fois
l’élagage réalisé le bois doit être sorti de la
parcelle. Le petit bois doit être brûlé suffisamment loin
des châtaigniers car la chaleur dégagée par le feu
provoque des microfissures qui favorisent
l’installation du chancre. Le broyage est à éviter dans
la mesure où les spores du chancre restent
actifs plusieurs mois après l’opération. La taille doit
se faire au dessus des premières branches
jeunes et vigoureuses afin de provoquer un démarrage
vigoureux des rejets. En deuxième ou
troisième année il faut remonter dans l’arbre pour
sélectionner les rejets, supprimer ceux qui sont
verticaux pour ne garder que ceux qui forment un angle
de 30° avec la verticale. Ce travail est à
prendre en compte dans un programme de financements.
L’élagage doit porter sur une parcelle et
non pas sur un seul arbre, un arbre isolé est vite
étouffé par ses voisins non élagués, en Cévennes,
l’action porte au minimum sur 20 à 25 arbres. La
tronçonneuse sera désinfectée au minimum
toutes les demi-journées à l’eau de javel.
2- La rénovation par greffage du châtaignier
Cette technique permet de reconstituer un nouveau verger
de châtaigniers à partir
d’anciennes châtaigneraies (taillis ou arbres dégradés).
Elle permet d’introduire les variétés de son
6
choix et de réaliser des vergers homogènes. La parcelle
doit être préparée en hiver et le greffage
se fait en avril-mai sur des souches sélectionnées pour
leur vigueur suffisante. Trois types de
greffes sont possibles : en flûte ou sifflet, en fente
et en couronne. La parcelle greffée doit être
suivie régulièrement : au moins un passage par mois afin
d’assurer l’entretien du sol, vérifier
l’absence de chancre et au besoin réaliser un curetage,
et afin de couper les repousses. La
rénovation ne doit pas porter sur plus d’un demi
hectare, au-delà de cette surface le travail est
trop important pour être réalisé correctement.
Photo 2 : Intervention de Madame LADRANGE
3/ Visite d’une châtaigneraie entretenue :
Après le déjeuner offert par la mairie de Collobrières,
les participants se sont rendus sur
une parcelle de châtaigniers de Laurent JARTOUX où il a
entrepris depuis plusieurs années
divers types de rénovation. Des châtaigniers élagués
sévèrement ont pu être observés ainsi que
des greffes pour la plupart en couronne, réalisées au
cours des dix dernières années. L’entretien
du sol sur cette parcelle était exemplaire. Cette visite
a été l’occasion pour le producteur d’obtenir
des conseils de la part des experts présents à cette
journée.
4/ Réhabiliter
les châtaigneraies des Maures et créer les conditions assurant leur
entretien de
façon durable :
Intervention d’Eric ALTERO, agence d’urbanisme de l’aire
toulonnaise
L’agence d’urbanisme de l’aire toulonnaise a été
sollicitée pour la mise en place d’un
projet de développement durable. Le retour à une
viabilité économique des châtaigneraies doit
être l’un des objectifs à atteindre. Son rôle de
pare-feu dans la prévention contre les incendies
peut justifier une participation de la collectivité
notamment pour sa rénovation, mais seul un
entretien régulier de parcelles productives permettra
une gestion durable de ces châtaigneraies.
7
Le projet de réhabilitation est initié par la commune de
Collobrières, qui comprend
900 ha de châtaigniers mais seulement un tiers est
entretenu. Le projet dans sa phase 1, va
d’abord porter sur une zone pilote afin de définir
précisément les conditions nécessaires à la
remise en culture des châtaigneraies et ainsi de pouvoir
par la suite démultiplier l’expérience
notamment sur les communes voisines de Pignans, la
Garde-Freinet, Gonfaron et les Mayons.
Un travail d’animation et de coordination des acteurs
est nécessaire, les propriétaires et
exploitants devront faire part de leurs attentes afin de
faire émerger un projet partagé. Pour ce
faire l’embauche d’un animateur est prévue dès le début
de l’année 2006, dont le rôle sera avant
tout de coordonner les différentes énergies dans une
démarche de projet de développement
durable. Le maître d’ouvrage de cette opération sera un comité de pilotage précisera les
orientations du travail de l’animateur. Ce projet de
réhabilitation doit être conçu par les différents
acteurs. Les financeurs de ce projet, à savoir le
Conseil Régional PACA (30%), le Conseil Général
du Var (30%), la commune de Collobrières (20%), l’Etat
(18%) et le CRPF (2%) imposent une
obligation de résultats. Sept missions ont donc été
définies, pour lesquelles des résultats sont
attendus fin 2006.
Mission 1 : Identifier les acteurs et leur degré de
motivation et réaliser une
cartographie « du possible et du souhaitable »
Il s’agira grâce à des enquêtes de repérer les parcelles
de propriétaires mobilisés et prêts à investir,
le travail se fera à l’îlot. Un nombre minimum de
propriétaires devra être identifié.
L’emplacement des parcelles retenues devra permettre de
former des zones structurées de
production. Des solutions contractuelles
d’accompagnement devront être élaborées : fermage,
convention de pâturage, etc. En fonction des résultats
de ce travail d’animation foncière, un
classement de la châtaigneraie sera établi en fonction
de la motivation des propriétaires.
Mission 2 : Identifier précisément les techniques de
réhabilitation des parcelles
Repérage des îlots prioritaires en terme de DFCI pour
créer des raccords entre les coupures
existantes. Un partenariat devra être initié avec les
services compétents : ONF, DDAF, COFOR
83 et CRPF. L’objectif principal est de chiffrer les
coûts de réhabilitation des parcelles.
Mission 3 : Fédérer l’ensemble des énergies locales
autour du projet
Il s’agira de relancer les activités sur le thème de la
châtaigne (expositions, visites, informations
par voie de presse…). Des échanges d’expérience avec
d’autres régions castanéicoles pourront
être organisées.
Mission 4 : Inventaire des modes de production et de
commercialisation
innovants
L’objectif de cette mission est de permettre lors de
l’élaboration d’un projet d’aider les
acteurs à choisir les options de développement les plus
durables. Le projet devra être viable
économiquement. Des démarches de qualité, de
traçabilité, une charte de producteurs, etc.
pourront être proposées. Des activités annexes notamment
le tourisme vert au travers
d’hébergement, de table d’hôtes, de circuits
touristiques, de vente directe pourront être étudiées.
8
Mission 5 : Participation à l’élaboration du DOCOB
Natura 2000
Une grande partie du Massif des Maures est classée en
zone Natura 2000 dont la
commune de Collobrières. Pour le moment, le comité de
pilotage chargé de la rédaction du
DOCOB n’est toujours pas mis en place. La participation
du monde castanéicole aux débats
relatif aux enjeux environnementaux du Massif est
primordiale. En intégrant la démarche Natura
2000 les propriétaires et producteurs pourront peut-être
bénéficier des aides financières
européennes associées à cette démarche pour leur
participation à la gestion de milieux
remarquables.
Mission 6 : Montage des dossiers et assistance au maître
d’ouvrage
Réalisation de documents nécessaires au montage de
projet : accord de collaboration,
charte professionnelle, etc. Cette assistance technique
assurée par l’animateur aura pour but de
limiter au maximum le caractère administratif du projet.
Mission 7 : Organiser des réunions et débats
Une implication forte des exploitants est nécessaire.
Ces réunions et débats auront pour
objectifs de faire émerger un projet collectif dont la
pérennité devra être assurée par un nombre
pertinent d’acteurs. Le projet, issu de la concertation
, pourra aller de la simple programmation de
remise en valeur à un programme complet de valorisation
du produit, d’une charte réunissant
quelque propriétaires à une démarche collective vers
l’obtention d’une marque de reconnaissance
de qualité.
L’année 2006 d’animation pré-opérationnelle sera donc
une année cruciale, c’est en
fonction des résultats obtenus notamment le nombre
d’objectifs atteints que sera décidée la
reconduction ou non du programme. Cette première année
nécessite donc la participation active
de chacun : exploitants comme propriétaires.
La parole a ensuite été donnée aux participants de cette
journée. Plusieurs personnes
ont contesté le fait que le projet ne porte que sur une
commune : Collobrières, il a donc été
rappelé l’aspect expérimental de ce projet, qui en cas
de réussite sera reconduit dès l’année
suivante sur l’ensemble des communes castanéicoles du
Massif des Maures. La menace que
constitue le Cynips a également suscité des questions
quant à la pertinence de tels investissements
si un ravageur vient rapidement réduire à néant le
travail accompli. Une comparaison a été faite
par Béatrice LADRANGE avec le chancre de l’écorce qui
menaçait la pérennité de la
châtaigneraie cévenole. Malgré les dommages causés, des
efforts de réhabilitation et d’entretien
ont été faits qui ont abouti aujourd’hui à la
stabilisation de la maladie et à une bonne valorisation
de la production de châtaignes. Un participant a fait
remarqué qu’un projet comme celui qui leur
a été présenté lors de cette journée, présente l’énorme
avantage de prendre en compte l’avis de
chacun lors de l’entretien individuel de l’animateur
avec chaque propriétaire et exploitant en 2006.
Si une forte ambition collective est démontrée avec une
volonté de pérenniser l’outil de
production, alors, un véritable projet de développement
durable pourra être initié. Dans ces
conditions, il est fortement probable que les différents
intervenants institutionnels ne verront
plus d’obstacle à participer au financement de ce projet
de développement.
La première journée professionnelle de la châtaigneraie
varoise s’est terminée vers 17h
|